Pour une parole libre & engagée

S’attaquer à la liberté en dissolvant des associations

Quoi de plus efficace pour un gouvernement, que de dissimuler ses propres manquements, en jetant en pâture des associations, des militants, et autres personnalités engagées? 

C’est bien le pire des choix qui a été fait: celui d’accentuer une fracture sociétale déjà très ancrée entre une partie des français, acquise à une idéologie islamophobe, et les musulmans.

Le bon sens aurait dû nous pousser à nous interroger sur les manquements des autorités, qui avaient connaissance des menaces pesant sur Samuel Paty, et qui n’ont pas jugé utile de le protéger pour que l’irréparable ne se produise pas. 

Mais au lieu de cela, le pays a sombré dans une véritable hystérie collective, pointant du doigt des militants engagés contre l’islamophobie, des associations humanitaires, et des associations antiracistes. 

L’ONG BarakaCity a été littéralement sacrifiée alors même qu’elle n’est impliquée d’aucune manière dans des faits de terrorisme. Les seules accusations bancales qui lui sont portées, sont en réalité dirigées contre son président Idriss Sihamedi. 

Il s’agissait ici de prouver aux islamophobes, que le gouvernement est déterminé à agir contre la radicalisation et frappe un grand coup en s’attaquant à la plus grosse structure du tissu associatif musulman. 

La vérité, c’est que des milliers de bénéficiaires dans des dizaines de pays, sont désormais privés d’aide, et que cette dissolution n’a, et n’aura jamais, aucun effet sur la question du terrorisme. 

La dissolution prévue du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF), revêt la même optique. 

La mise en cause de cette association antiraciste, spécialisée dans l’assistance aux victimes d’islamophobie, ne repose sur aucun fait, aucune réalité. 

La finalité voulue par les autorités semble pourtant très claire: criminaliser la lutte contre l’islamophobie alors même que le CCIF est reconnu au niveau international par l’OSCE comme par l’ONU.

Il y a une volonté claire d’amalgamer ceux qui se battent contre le racisme visant les musulmans, à des individus dangereux, en les accusant de tous les maux. 

Toutefois, si le CCIF et BarakaCity sont les victimes les plus médiatiques de ce virage insensé du gouvernement, des dizaines d’autres associations, ont eu à subir l’intimidation des pouvoirs publics. 

L’Etat de droit, ne peut qu’être affaibli par des dissolutions et des ciblages arbitraires contre des structures autonomes, quelles que soient leurs orientations religieuses.

Il est bien étrange d’afficher une volonté absolue de défendre la liberté d’expression des uns à offenser les musulmans, tout en désignant ces mêmes musulmans comme des ennemis de l’intérieur quand ils critiquent des faits et des décisions politiques. 

La liberté d’expression, présentée comme l’un des joyaux républicains, ne peut pas être octroyée aux uns, et déniée aux autres, avec comme seul critère, leur appartenance religieuse ou leur opposition aux déclarations des dirigeants politiques. 

Il appartient au gouvernement et à la justice, de faire respecter la liberté d’association et la liberté d’expression, protégées par notre Constitution. 

Toute entrave ou atteinte portée aux textes fondateurs qui nous permettent de vivre ensemble librement, aura indéniablement des conséquences sur notre capacité à faire société dans une France commune. 

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